{"id":6508,"date":"2019-12-04T09:45:07","date_gmt":"2019-12-04T08:45:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/malgre-la-reduction-des-emissions-de-mercure-il-pourrait-y-en-avoir-davantage-dans-le-poisson-a-lavenir\/"},"modified":"2019-12-04T09:45:07","modified_gmt":"2019-12-04T08:45:07","slug":"malgre-la-reduction-des-emissions-de-mercure-il-pourrait-y-en-avoir-davantage-dans-le-poisson-a-lavenir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/malgre-la-reduction-des-emissions-de-mercure-il-pourrait-y-en-avoir-davantage-dans-le-poisson-a-lavenir\/","title":{"rendered":"\u00abMalgr\u00e9 la r\u00e9duction des \u00e9missions de mercure, il pourrait y en avoir davantage dans le poisson \u00e0 l\u2019avenir\u00bb"},"content":{"rendered":"<div id=\"basic-page-content\" class=\"page-content\">    <div class=\"content\">    <div class=\"container\">      <div class=\"row\">        <div class=\"col-xs-12\">                      <div class=\"container clearfix\">              <div class=\"row\">                <div class=\"col-xs-12\">                                  <\/div>              <\/div>            <\/div>                                <div class=\"body\">              <div class=\"field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden\"><div class=\"field-items\"><div class=\"field-item even\" property=\"content:encoded\"><p class=\"rtejustify\">Entretien avec le chercheur Lars-Eric Heimb\u00fcrger-Boavida, qui travaille sur le cycle de vie du mercure, encore complexe \u00e0 comprendre.<\/p><p class=\"rtejustify\">Tous les jours, retrouvez le fil vert, le rendez-vous environnement de\u00a0Lib\u00e9ration.\u00a0Aujourd\u2019hui, quatre questions pour d\u00e9crypter les enjeux environnementaux.<\/p><p class=\"rtejustify\">Comme le tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9 plastique, il se r\u00e9pand dans l\u2019oc\u00e9an et se retrouve dans les assiettes. Seulement, le mercure est plus discret car invisible. M\u00eame \u00e0 faible dose, ce polluant peut \u00eatre n\u00e9faste pour l\u2019\u00eatre humain. En milieu marin, il prend une forme encore plus toxique\u00a0: le m\u00e9thylmercure, qui se retrouve\u00a0accumul\u00e9\u00a0dans les gros poissons que l\u2019on p\u00eache. Lars-Eric Heimb\u00fcrger-Boavida, chercheur au CNRS et\u00a0chimiste marin \u00e0 l\u2019Institut m\u00e9diterran\u00e9en d\u2019oc\u00e9anologie (Marseille), s\u2019int\u00e9resse \u00e0 l\u2019origine de cette contamination dans les oc\u00e9ans.<\/p><p class=\"rtejustify\">Quel est le probl\u00e8me de la pollution au m\u00e9thylmercure\u00a0?<\/p><p class=\"rtejustify\">Ce neurotoxique agit sur le cerveau. La consommation de poissons trop riches en\u00a0m\u00e9thylmercure a des cons\u00e9quences sur le d\u00e9veloppement des enfants\u00a0; les tests de QI montrent qu\u2019ils sont moins performants. Quand l\u2019homme met du mercure dans la mer, la nature le lui renvoie sous forme de m\u00e9thylmercure. Sous cette forme, il est encore plus toxique, change de propri\u00e9t\u00e9s et s\u2019accumule davantage dans les organismes (bioaccumulation). Il entre dans la cha\u00eene alimentaire, la remonte jusqu\u2019\u00e0 l\u2019homme. En France, on\u00a0conseille\u00a0aux femmes enceintes de ne pas manger plus de trois fois par semaine des gros pr\u00e9dateurs (thons, espadons\u2026), car ce sont eux qui concentrent\u00a0le plus\u00a0de m\u00e9thylmercure. En revanche, on peut manger des petits poissons (sardines, anchois\u2026) tous les jours, car le poisson est une bonne source de prot\u00e9ines et d\u2019om\u00e9ga\u00a03.<\/p><p class=\"rtejustify\">D\u2019o\u00f9 provient cette pollution\u00a0?<\/p><p class=\"rtejustify\">Il y a quinze ans, on estimait que la moiti\u00e9 du mercure \u00e9tait de source naturelle et que l\u2019autre moiti\u00e9 provenait des activit\u00e9s humaines, principalement par la combustion du charbon.\u00a0Les sources naturelles, le volcanisme \u00e0 la fois terrestre et marin, restent difficiles \u00e0 quantifier. Des recherches sont en cours. Aujourd\u2019hui, on pense que les \u00e9missions de mercure anthropique sont cinq fois plus importantes que celles de mercure naturel. En\u00a02017, 126\u00a0pays ont ratifi\u00e9 la\u00a0convention de Minamata des Nations unies pour limiter l\u2019exposition humaine au mercure\u00a0: des syst\u00e8mes de filtration pour l\u2019industrie, l\u2019interdiction d\u2019import et d\u2019export de mercure, l\u2019obligation de choisir des alternatives au mercure quand il y en a.<\/p><p class=\"rtejustify\">Comment expliquer que faire br\u00fbler du charbon ajoute du mercure dans l\u2019eau\u00a0?<\/p><p class=\"rtejustify\">A la diff\u00e9rence des autres m\u00e9taux, le mercure est aussi un gaz. Une fois lib\u00e9r\u00e9 par la combustion, il reste dans l\u2019atmosph\u00e8re entre six mois et un\u00a0an, ce qui lui laisse le temps de se propager sur la plan\u00e8te, m\u00eame\u00a0jusqu\u2019aux p\u00f4les. Puis il se d\u00e9pose \u00e0 la surface terrestre et marine. Dans l\u2019eau, il est absorb\u00e9 par le plancton et suit son cheminement\u00a0: il s\u00e9dimente puis est mang\u00e9 par des bact\u00e9ries dans les profondeurs. On pense que c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019il devient du m\u00e9thylmercure. Il est absorb\u00e9 par le phytoplancton, mang\u00e9 par le zooplancton, mang\u00e9 par les gros pr\u00e9dateurs. Pour autant, les oc\u00e9ans ne sont pas pleins de mercure. C\u2019est l\u2019un des \u00e9l\u00e9ments\u00a0les moins concentr\u00e9s dans la mer. Mais la concentration est multipli\u00e9e par 50\u00a0millions au bout de la cha\u00eene\u00a0alimentaire. Un thon qui contient 1\u00a0milligramme de m\u00e9thylmercure par kilo de chair a accumul\u00e9 ce qui \u00e9tait pr\u00e9sent dans 50\u00a0millions de litres d\u2019eau de mer.<\/p><p class=\"rtejustify\">L\u2019homme risque-t-il d\u2019\u00eatre de plus expos\u00e9 \u00e0 l\u2019avenir\u00a0?<\/p><p class=\"rtejustify\">Actuellement on ne sait pas. On ne conna\u00eet pas exactement le m\u00e9canisme de transformation et comment il peut \u00e9voluer avec le changement climatique. Mais le r\u00e9chauffement rend les bact\u00e9ries plus actives. Elles pourraient produire plus de m\u00e9thylmercure. Malgr\u00e9 la r\u00e9duction des \u00e9missions de mercure, il pourrait y en avoir davantage dans le poisson \u00e0 l\u2019avenir. Il faudra \u00e9galement \u00eatre vigilants au d\u00e9veloppement de la p\u00eache en Arctique. Cet oc\u00e9an ne contient pas plus de (m\u00e9thyl)mercure qu\u2019ailleurs mais c\u2019est l\u00e0 que\u00a0la faune\u00a0en est le plus charg\u00e9e. Ailleurs, les bact\u00e9ries qui transforment le mercure sont pr\u00e9sentes en profondeur, \u00e0 1\u00a0kilom\u00e8tre de la surface, donc tr\u00e8s loin du d\u00e9but de la cha\u00eene alimentaire. En Arctique, c\u2019est \u00e0 100 m\u00e8tres. Cela expliquerait pourquoi les animaux sont plus contamin\u00e9s.<\/p><p class=\"rtejustify\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"\/wp-content\/uploads\/ancien-site\/images\/medium_1276184-dsc_0677.jpg\" style=\"width: 120px; height: 120px;\" width=\"120\" height=\"120\"><\/p><p class=\"rtejustify\">\u00a0<\/p><\/div><\/div><\/div>            <\/div>                            <\/div>      <\/div>    <\/div>  <\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Entretien avec le chercheur Lars-Eric Heimb\u00fcrger-Boavida, qui travaille sur le cycle de vie du mercure, encore complexe \u00e0 comprendre.Tous les jours, retrouvez le fil vert, le rendez-vous environnement de\u00a0Lib\u00e9ration.\u00a0Aujourd\u2019hui, quatre [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":4489,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-6508","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actualites"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6508","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6508"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6508\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4489"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6508"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6508"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6508"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}