{"id":6794,"date":"2022-01-05T16:11:38","date_gmt":"2022-01-05T15:11:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/de-minuscules-particules-aux-manettes-de-la-mecanique-climatique\/"},"modified":"2022-01-05T16:11:38","modified_gmt":"2022-01-05T15:11:38","slug":"de-minuscules-particules-aux-manettes-de-la-mecanique-climatique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/de-minuscules-particules-aux-manettes-de-la-mecanique-climatique\/","title":{"rendered":"De minuscules particules aux manettes de la m\u00e9canique climatique"},"content":{"rendered":"<div id=\"basic-page-content\" class=\"page-content\">    <div class=\"content\">    <div class=\"container\">      <div class=\"row\">        <div class=\"col-xs-12\">                      <div class=\"container clearfix\">              <div class=\"row\">                <div class=\"col-xs-12\">                                  <\/div>              <\/div>            <\/div>                                <div class=\"body\">              <div class=\"field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden\"><div class=\"field-items\"><div class=\"field-item even\" property=\"content:encoded\"><p>La grande m\u00e9canique du climat terrestre est un syst\u00e8me extr\u00eamement complexe, qui s\u2019appuie sur l\u2019\u00e9quilibre subtil de diff\u00e9rents microprocessus. Parmi ceux-ci, les \u00e9changes de carbone \u00e0 la surface de l\u2019oc\u00e9an jouent un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant. Des chercheurs de l\u2019EPFL et de l\u2019Institut m\u00e9diterran\u00e9en d&#8217;oc\u00e9anologie (MIO), en France, en ont r\u00e9cemment d\u00e9couvert une nouvelle composante : une source de phosphore biologique agissant potentiellement comme un important apport de nourriture au phytoplancton, les populations de microalgues \u00e9voluant \u00e0 la surface des eaux, qui assurent des fonctions essentielles \u00e0 la vie sur Terre. Cette source, dont l\u2019exacte ampleur n\u2019avait encore jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e, pourrait avoir des implications importantes sur le climat et permettre de grandement affiner l\u2019efficacit\u00e9 des mod\u00e8les de pr\u00e9vision en la mati\u00e8re. Cette d\u00e9couverte a fait r\u00e9cemment l\u2019objet d\u2019une publication dans le journal npj Climate and Atmospheric Science.<\/p><p>Pour se d\u00e9velopper, le phytoplancton a besoin de diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments chimiques, dont principalement du fer, de l\u2019azote et du phosphore. Ce cocktail permet \u00e0 ces v\u00e9g\u00e9taux microscopiques, vivant en grandes nappes dans les couches superficielles des lacs, mers et oc\u00e9ans, de prosp\u00e9rer et de pratiquer leur activit\u00e9 favorite : la photosynth\u00e8se. Or, ce faisant, ils remplissent un r\u00f4le crucial dans la r\u00e9gulation du climat, captant de grandes quantit\u00e9s de dioxyde de carbone (CO2) pr\u00e9sent dans l\u2019atmosph\u00e8re, le stockant dans l\u2019eau sous forme de biomasse et rel\u00e2chant au passage l\u2019oxyg\u00e8ne si pr\u00e9cieux aux \u00eatres vivants. A noter que le phytoplancton joue un troisi\u00e8me r\u00f4le essentiel : \u00e0 la base de la cha\u00eene alimentaire, il permet \u00e0 de tr\u00e8s nombreuses esp\u00e8ces marines de survivre.<\/p><p>Les apports et la disponibilit\u00e9 de phosphore conditionnent donc le d\u00e9veloppement du phytoplancton, les taux de photosynth\u00e8se et la somme globale de CO2 absorb\u00e9e. C\u2019est pourquoi l\u2019identification de toutes les sources de fertilisation des \u00e9cosyst\u00e8mes marins est importante pour mieux comprendre les m\u00e9canismes climatiques, et comment les activit\u00e9s humaines peuvent les affecter.<\/p><p>Compl\u00e9ter le tableau<\/p><p>\u00abIl \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli qu&#8217;une quantit\u00e9 importante de phosphore inorganique est amen\u00e9e aux \u00e9cosyst\u00e8mes marins \u00e9loign\u00e9s par la poussi\u00e8re min\u00e9rale en suspension dans l&#8217;air sous forme de min\u00e9raux ou d&#8217;ions phosphate, mais ce tableau n\u2019\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 pas complet\u00bb, explique Kalliopi Violaki, auteure principale de l\u2019\u00e9tude et chercheuse au Laboratoire des processus atmosph\u00e9riques et de leurs impacts (LAPI), qui fait partie de la Facult\u00e9 de l\u2019environnement naturel, architectural et construit (ENAC) de l\u2019EPFL.<\/p><p>Durant une campagne d&#8217;\u00e9chantillonnage men\u00e9e durant une ann\u00e9e \u00e0 l\u2019Est de la M\u00e9diterran\u00e9e, sur le site cr\u00e9tois de Finokalia, cette scientifique a d\u00e9couvert l\u2019existence d\u2019une importante source de phosphore contenue, elle, dans les particules biologiques a\u00e9roport\u00e9es, telles que virus, bact\u00e9ries, moisissures, fibres v\u00e9g\u00e9tales ou grains de pollen. Si les quantit\u00e9s exactes ne sont pas encore totalement \u00e9tablies, les chercheurs savent d\u00e9j\u00e0 qu\u2019elles sont en tout cas comparables \u00e0 celles de phosphore inorganique amen\u00e9es par les a\u00e9rosols de poussi\u00e8re. De plus, ce phosphore biologique se pr\u00e9sente en grande partie sous la forme de phospholipides, composant cl\u00e9 des membranes cellulaires.<\/p><p>\u00abLe fait que les \u00e9cosyst\u00e8mes terrestres puissent fertiliser les \u00e9cosyst\u00e8mes marins par le biais de bioa\u00e9rosols, c\u2019est-\u00e0-dire de microparticules atmosph\u00e9riques d\u2019origine biologique, est un concept totalement in\u00e9dit, qui modifie notre compr\u00e9hension des m\u00e9canismes actifs contr\u00f4lant le cycle du carbone, et donc le climat\u00bb, rel\u00e8ve Athanasios Nenes, directeur du LAPI et co-auteur de l\u2019\u00e9tude.<\/p><p>Un param\u00e8tre majeur<\/p><p>Actuellement absent des mod\u00e8les, ce flux de phosphore organique pourrait s\u2019av\u00e9rer \u00eatre un nouveau param\u00e8tre majeur, permettant une compr\u00e9hension bien plus fine de la mani\u00e8re dont les \u00e9cosyst\u00e8mes marins r\u00e9pondent au changement climatique. Aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0, le r\u00e9chauffement plan\u00e9taire accentue la densification des couches oc\u00e9aniques. Les cons\u00e9quences en sont un ralentissement du m\u00e9lange entre ces strates &#8211; qui diff\u00e8rent en termes de densit\u00e9, de temp\u00e9rature, de taux d&#8217;oxyg\u00e8ne et de salinit\u00e9 &#8211; et une perturbation de la capacit\u00e9 des oc\u00e9ans \u00e0 absorber le CO2. Cette augmentation de la stratification emp\u00eache \u00e9galement la distribution des nutriments entre les fonds et la surface, provoquant potentiellement une modification dangereuse du milieu naturel et des sources d&#8217;alimentation pour une grande partie des organismes marins. La prise en compte de cette nouvelle source de phosphore pourrait donc modifier notre id\u00e9e de la fa\u00e7on dont les mers et oc\u00e9ans r\u00e9agiront au changement climatique.<\/p><p>Cette recherche du LAPI d\u00e9montre le r\u00f4le crucial des particules atmosph\u00e9riques dans l\u2019environnement, et que des changements dans leur flux peuvent \u00eatre autant de grains de sable dans la m\u00e9canique climatique g\u00e9n\u00e9rale. C\u2019est pourquoi l\u2019\u00e9tude va se poursuivre pour d\u00e9terminer l\u2019influence exacte de cette nouvelle source.<\/p><p>R\u00e9f\u00e9rences<\/p><p>&#8220;Bioaerosols and dust are the dominant sources of organic P in atmospheric particles&#8221;, paru le 3 d\u00e9cembre dans Nature Climate and Atmospheric Science. Auteurs: Kalliopi Violaki, Athanasios Nenes, Maria Tsagkaraki, Marco Paglione, St\u00e9phanie Jacquet, Richard Semp\u00e9r\u00e9, Christos Panagiotopoulos.<\/p><\/div><\/div><\/div>            <\/div>                            <\/div>      <\/div>    <\/div>  <\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La grande m\u00e9canique du climat terrestre est un syst\u00e8me extr\u00eamement complexe, qui s\u2019appuie sur l\u2019\u00e9quilibre subtil de diff\u00e9rents microprocessus. 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