{"id":6823,"date":"2022-03-17T10:00:38","date_gmt":"2022-03-17T09:00:38","guid":{"rendered":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/au-large-de-toulon-le-robot-bathybot-part-explorer-la-planete-des-abysses\/"},"modified":"2022-03-17T10:00:38","modified_gmt":"2022-03-17T09:00:38","slug":"au-large-de-toulon-le-robot-bathybot-part-explorer-la-planete-des-abysses","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.mio.osupytheas.fr\/fr\/au-large-de-toulon-le-robot-bathybot-part-explorer-la-planete-des-abysses\/","title":{"rendered":"Au large de Toulon, le robot Bathybot part explorer la plan\u00e8te des abysses"},"content":{"rendered":"<div id=\"basic-page-content\" class=\"page-content\">    <div class=\"content\">    <div class=\"container\">      <div class=\"row\">        <div class=\"col-xs-12\">                      <div class=\"container clearfix\">              <div class=\"row\">                <div class=\"col-xs-12\">                                  <\/div>              <\/div>            <\/div>                                <div class=\"body\">              <div class=\"field field-name-body field-type-text-with-summary field-label-hidden\"><div class=\"field-items\"><div class=\"field-item even\" property=\"content:encoded\"><p class=\"rtejustify\">Sous ses airs de WALL-E, le robot Bathybot part explorer les fonds marins durant 10 ans au large de Toulon, \u00e0 2 400 m\u00e8tres de profondeur. Entre bioluminescence et neige sous-marine, il doit aider la communaut\u00e9 scientifique internationale \u00e0 percer les myst\u00e8res encore nombreux de ce monde m\u00e9connu.<\/p><p class=\"rtejustify\">Un robot \u00e9quip\u00e9 de chenilles, cam\u00e9ras et capteurs, de 1,2 m\u00e8tre de long sur 1 m\u00e8tre de large et dont l\u2019allure \u00e9voque forc\u00e9ment son homologue star, le rover Perseverance, sur Mars. La mission de Bathybot est beaucoup plus proche, sur notre plan\u00e8te, mais concerne un univers tout aussi lointain en termes d\u2019explorations scientifique et humaine : les abysses oc\u00e9aniques.<\/p><p class=\"rtejustify\">Les Abysses ? \u00ab Il ne s\u2019agit pas de la zone abyssop\u00e9lagique qui se situe de 4 000 \u00e0 6 000 m\u00e8tres de profondeur \u00bb, nous reprend Christian Tamburini, un des p\u00e8res du projet. Le chercheur \u00e0 l\u2019Institut m\u00e9diterran\u00e9en d\u2019oc\u00e9anologie (MIO) de Marseille pr\u00e9cise que, \u00ab comme son nom l\u2019indique, Bathybot \u00e9tudie la zone au-dessus, dite zone bathyale ou bathyp\u00e9lagique \u00bb.<\/p><p class=\"rtejustify\">\u00c0 2 400 m\u00e8tres sous la surface tout de m\u00eame, dans cet environnement qui combine des conditions extr\u00eames : absence totale de lumi\u00e8re, grand froid et haute pression. L\u00e0 o\u00f9 les missions humaines sont tr\u00e8s difficiles et ne durent que quelques heures, en sous-marin. Pas de quoi effrayer ce concentr\u00e9 de technologie aux airs de WALL-E, immerg\u00e9 depuis le 3 f\u00e9vrier \u00e0 40 kilom\u00e8tres au large de Toulon. Il m\u00e8nera sa mission scientifique durant pr\u00e8s de 10 ans. \u00ab Il r\u00e9coltera des donn\u00e9es in\u00e9dites dans ce milieu, 24 heures sur 24, sept jours sur sept \u00bb, se r\u00e9jouit le chercheur.<\/p><p class=\"rtejustify\">Une base scientifique sous-marine au large de Toulon<\/p><p class=\"rtejustify\">Au large de la C\u00f4te d\u2019Azur, le talus continental pr\u00e9sente un angle nettement plus accentu\u00e9 qu\u2019ailleurs et permet d\u2019atteindre ces profondeurs rapidement. Une faible distance qui permet de connecter le petit robot jaune \u00e0 la terre, par c\u00e2ble, afin de pouvoir le piloter \u00e0 distance et l\u2019alimenter en \u00e9nergie.<\/p><p class=\"rtejustify\">D\u2019autant que le site est d\u00e9j\u00e0 raccord\u00e9 \u00e0 la surface depuis des ann\u00e9es avec le laboratoire sous-marin Provence M\u00e9diterran\u00e9e (LSMP). Il accueille notamment le t\u00e9lescope sous-marin g\u00e9ant Antares, un \u00ab d\u00e9tecteur de neutrinos \u00bb initialement d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019astronomie de haute \u00e9nergie et la recherche de la mati\u00e8re noire.<\/p><p class=\"rtejustify\">Bathybot s\u2019est install\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9. \u00ab On utilise un \u201cn\u0153ud\u201d de ce site pour se connecter. On va mettre une rallonge de 2,5 km, et le tout va \u00eatre reli\u00e9 d\u2019ici quelques semaines. On pourra alors piloter directement le robot de notre ordinateur \u00bb, se r\u00e9jouit Christian Tamburini.<\/p><p class=\"rtejustify\">Faire la lumi\u00e8re sur la bioluminescence<\/p><p class=\"rtejustify\">Et ainsi ouvrir une fen\u00eatre d\u2019observation sur un monde m\u00e9connu mais dont l\u2019int\u00e9r\u00eat scientifique est \u00ab passionnant \u00e0 plus d\u2019un titre \u00bb, assure le chercheur. D\u2019abord concernant la bioluminescence. Cette capacit\u00e9 des organismes, microscopiques ou plus grands, \u00e0 produire de la lumi\u00e8re dans cet environnement qui en est d\u00e9pourvu.<\/p><p class=\"rtejustify\">\u00ab Trois quarts des esp\u00e8ces sont bioluminescentes \u00e0 ces profondeurs. On sait que \u00e7a sert de communication intra-esp\u00e8ce, pour se reconnaitre et pour la sexualit\u00e9. Pour d\u2019autres, c\u2019est une fa\u00e7on d\u2019attirer des proies. Ou inversement, comme ces crevettes qui \u00e9mettent de la lumi\u00e8re pour d\u00e9tourner les pr\u00e9dateurs\u00a0\u00bb. Mais pour Christian Tamburini, ce ph\u00e9nom\u00e8ne est encore largement \u00ab m\u00e9connu dans son ampleur et ses fonctions \u00bb.<\/p><p class=\"rtejustify\">Comme avec les bact\u00e9ries, \u00ab pour qui le r\u00f4le de la bioluminescence est plus ambigu. On ne sait pas pourquoi elles font \u00e7a, c\u2019est un non sens \u00e9cologique. Peut-\u00eatre attirer des esp\u00e8ces pour \u00eatre ing\u00e9r\u00e9es et se retrouver dans l\u2019organisme ? \u00bb C\u2019est ce que Bathybot aidera \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p><p class=\"rtejustify\">Neige marine et r\u00e9chauffement climatique<\/p><p class=\"rtejustify\">Les chercheurs vont \u00e9galement tenter de relier la bioluminescence avec un autre grand ph\u00e9nom\u00e8ne oc\u00e9anique \u00ab la pompe biologique de carbone \u00bb. Le robot va pouvoir observer et filmer en continu un \u00e9l\u00e9ment central de ce processus : \u00ab la neige marine \u00bb. Ces \u00ab flocons \u00bb de s\u00e9diments et de mati\u00e8re organique (dont le phytoplancton) se forment en surface o\u00f9 ils capturent du CO2 et chutent dans la colonne d\u2019eau pour le pi\u00e9ger dans les abysses.<\/p><p class=\"rtejustify\">\u00ab 50 % du carbone est absorb\u00e9 par les oc\u00e9ans gr\u00e2ce \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne \u00bb, selon le chercheur. \u00c0 l\u2019heure de la crise climatique, il esp\u00e8re mieux comprendre ce m\u00e9canisme. Notamment la part de ce carbone \u00ab s\u00e9questr\u00e9e durablement dans le fonds marin, et la part rel\u00e2ch\u00e9e, par exemple lorsque des organismes consomment le phytoplancton \u00bb.<\/p><p class=\"rtejustify\">Les cam\u00e9ras de haute pr\u00e9cision de Bathybot permettront de \u00ab prendre des images de la neige marine, qu\u2019on suppose potentiellement bioluminescente. Peut-\u00eatre \u00e0 70 %. Mais on n\u2019a pas de preuve directe de \u00e7a \u00bb.<\/p><p class=\"rtejustify\">Le duo BathyReef et BathyBot<\/p><p class=\"rtejustify\">En tant que nouvelle star des profondeurs, Bathybot a m\u00eame le droit \u00e0 une estrade. Pas pour \u00eatre vu, \u00ab pour mieux voir. Car dans la plaine abyssale, on peut avoir une mauvaise visibilit\u00e9. Notamment pr\u00e8s du fond ou les s\u00e9diments peuvent \u00eatre soulev\u00e9s \u00bb.<\/p><p class=\"rtejustify\">Une rampe aux allures de r\u00e9cif coralien a \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialement con\u00e7ue pour lui permettre de s\u2019\u00e9lever \u00e0 1,2 m\u00e8tre de hauteur : Bathyreef. Ce module en b\u00e9ton inerte aux allures de r\u00e9cif coralien a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u par le laboratoire marseillais Rougerie + Tangram, dont les architectes et ing\u00e9nieurs sont sp\u00e9cialis\u00e9s en biomim\u00e9tique. Ou l\u2019art de s\u2019inspirer du vivant.<\/p><p class=\"rtejustify\">Il s\u2019agira d\u2019ailleurs d\u2019attirer des organismes car la structure est pens\u00e9e comme un r\u00e9cif artificiel. \u00ab Bathybot pourra observer et analyser la colonisation dans cet environnement \u00bb. Ce module est \u00e9galement imagin\u00e9 pour stimuler les organismes bioluminescents qui le traverseront gr\u00e2ce au courant, en cr\u00e9ant des turbulences et des frottements. Le robot aura le loisir d\u2019observer ce ph\u00e9nom\u00e8ne au plus pr\u00e8s.<\/p><p class=\"rtejustify\">\u00ab ISS sous-marin\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"rtejustify\">Bathybot et les instruments associ\u00e9s forment donc une base scientifique sous-marine unique pour l\u2019observation du milieu profond : la dynamique des caract\u00e9ristiques physico-chimiques du fond s\u00e9dimentaire, l\u2019acidification, la temp\u00e9rature, l\u2019oxyg\u00e9nation de la M\u00e9diterran\u00e9e\u2026<\/p><p class=\"rtejustify\">L\u2019Institut m\u00e9diterran\u00e9en d\u2019oc\u00e9anologie (MIO) de Marseille est en premi\u00e8re ligne sur ce projet, avec Christian Tamburini et sa coll\u00e8gue S\u00e9verine Martini. Mais une large communaut\u00e9 scientifique est impliqu\u00e9e. De Paris \u00e0 la Seyne-sur-Mer, avec des institutions telles que le CNRS, l\u2019INRAE, l\u2019IRD, l\u2019Ifremer, Aix-Marseille Universit\u00e9\u2026<\/p><p class=\"rtejustify\">Et la coop\u00e9ration scientifique doit prochainement devenir internationale. \u00ab Des scientifiques allemands, espagnols, italiens s\u2019y int\u00e9ressent \u00bb, explique Christian Tamburini. Il parle ainsi d\u2019un \u00ab ISS (Station spatiale internationale) sous-marin \u00bb. Si le prix du mat\u00e9riel atteint \u00ab autour de 600 000 euros \u00bb, sans compter le co\u00fbt de l\u2019op\u00e9ration, \u00ab \u00e7a reste quand-m\u00eame bien en-dessous des campagnes spatiales \u00bb.<\/p><\/div><\/div><\/div>            <\/div>                            <\/div>      <\/div>    <\/div>  <\/div><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sous ses airs de WALL-E, le robot Bathybot part explorer les fonds marins durant 10 ans au large de Toulon, \u00e0 2 400 m\u00e8tres de profondeur. 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