Patrick Astruch soutiendra sa thèse le lundi 16 mars 2026 à 14h00 à l’Amphithéâtre Océanomed sur le thème : Mise en œuvre d’une approche écosystémique pour l’évaluation des habitats marins Méditerranéens dans un contexte de changement global – un outil pour la gestion de l’environnement.
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Composition du jury
- M. Pierre CHEVALDONNE Directeur de recherche (UMR CNRS 7263 IMBE Institut Méditerranéen de la Biodiversité et d’Ecologie Marine et Continentale) Directeur de thèse
- M. Bernat HEREU Assistant professor (Department of Evolutionary Biology, Ecology and Environmental Sciences – Universitat de Barcelona) Rapporteur
- Mme Sophie ARNAUD HAOND Chargée de recherche ( IFREMER – MARBEC – Université de Montpellier) Rapporteure
- Mme Catherine FERNANDEZ Professeure des universités (Institut méditerranéen de biodiversité et d’écologie (IMBE) – Aix Marseille Université) Présidente de jury
- M. Jean-Christophe POGGIALE Professeur des universités (Mediterranean Institute of Oceanography – Aix Marseille University) Examinateur
- M. Alain BARCELO Fonctionnaire territorial (Parc national de Port-Cros) Examinateur
- M. Charles-François BOUDOURESQUE Mediterranean Institute of Oceanography – Aix Marseille University Invité
Résumé
Les écosystèmes marins et côtiers méditerranéens sont de plus en plus affectés par les impacts du Changement Global (CG). Hotspot mondial de biodiversité et d’endémisme, la mer Méditerranée est particulièrement vulnérable en raison de pressions anthropiques cumulées. La Méditerranée nord-occidentale, incluant le littoral français, se distingue par des températures de surface relativement plus froides mais aussi par de fortes pressions liées au tourisme, à l’urbanisation côtière, aux rejets d’eaux usées et à des événements récurrents de mortalité massive associés aux canicules marines. À différentes échelles de gouvernance, différentes politiques publiques visent à réguler les activités humaines afin d’atteindre ou de maintenir un bon état écologique, notamment à travers des réseaux de surveillance, des protocoles standardisés et des indicateurs écologiques. Dans ce contexte, l’approche écosystémique (AE), promue par la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin de l’Union européenne et la Convention de Barcelone, propose un cadre intégré de gestion durable fondé sur le fonctionnement des écosystèmes et les services qu’ils rendent, plutôt que sur une approche centrée sur les espèces. Le Chapitre 1 de cette thèse illustre plusieurs conséquences majeures du CG : l’installation d’espèces de poissons thermophiles le long du littoral français, les trajectoires d’introduction d’espèces dans l’étang de Berre, le recul de la limite inférieure des herbiers à Posidonia oceanica et la floraison massive, inédite à l’échelle du bassin méditerranéen, de cette espèce à la suite des canicules marines exceptionnelles de l’été 2022. Ces résultats révèlent une intensification des conséquences du réchauffement de l’océan, posant des défis majeurs de gestion à l’échelle des écosystèmes. Le Chapitre 2 explore la mise en œuvre opérationnelle de l’AE à travers le développement d’indices de qualité écosystémique (EBQIs) appliqués à des écosystèmes emblématiques tels que le coralligène et les fonds détritiques côtiers. Le reef-EBQI a été déployé à l’échelle de la Méditerranée française pour évaluer l’état écologique des récifs rocheux infralittoraux. Son appropriation par les gestionnaires d’aires marines protégées démontre la valeur des EBQIs comme outils d’aide à la gestion à différentes échelles. Un cas d’étude dans les salins d’Hyères illustre également l’application de l’AE pour améliorer la circulation de l’eau tout en préservant des compartiments écosystémiques à forte valeur patrimoniale. La discussion générale met en évidence des gradients thermiques et des trajectoires écologiques contrastées entre écorégions méditerranéennes, tout en soulignant l’existence de dynamiques locales spécifiques. Cette thèse démontre la pertinence des EBQIs et de l’AE pour le suivi des écosystèmes marins côtiers et propose un modèle multi-écosystémique intégrant les principales connexions fonctionnelles. Enfin, le rôle potentiel de la restauration active, illustré par l’herbier de posidonie, est discuté comme un outil complémentaire à la conservation. L’ensemble souligne l’urgence de renforcer les recherches appliquées et pluridisciplinaires pour accompagner la mise en œuvre de l’approche écosystémique face au CG en Méditerranée.
Mots-clés
Approche écosystémique, Changement Global, Posidonia oceanica, Coralligène, Réchauffement de la mer, Espèces non-indigènes

