Sur le sujet suivant : “Ecologie trophique du phoque de Ross (Ommatophoca rossii) : apport de l’isotopie bulk et des acides aminés”
Le jeudi 5 mars 2026 à 13h en salle Alboran, et restera disponible pour discuter de son travail par la suite jusqu’à 15h
Le lien zoom du séminaire est:
https://univ-amu-fr.zoom.us/j/97238493180?pwd=XWoysmrz1tASbI6AYeJtQvgUYz5ctS.1
Du fait de leur tendance à passer la majeure partie de l’année en mer, le phoque de Ross (Ommatophoca rossii) compte parmi les espèces de mammifères marins les moins étudiées de l’océan Austral. Les rencontres physiques directes, nécessaires à l’instrumentation et aux prélèvements biologiques, sont ainsi limitées à la courte période de mue ou du sevrage des nouveaux nés lorsqu’ils sont sur la banquise. Par conséquent, des aspects fondamentaux de la biologie du phoque de Ross, comme son écologie trophique, demeurent mal connus. La mesure des valeurs isotopiques globales du carbone (δ¹³Cbulk) et de l’azote (δ¹⁵Nbulk) de sang, de fourrure, d’épiderme et de vibrisses provenant de 48 phoques échantillonnés dans le secteur indien de l’océan Austral, réalisée dans le cadre de cette étude, fournit des informations précieuses à ce sujet. Les analyses statistiques mettent en évidence l’absence de disparités entre les mâles et les femelles mais une différence significative des valeurs isotopiques bulk entre les tissus, soulevant des interrogations à propos de l’écologie trophique des phoques de Ross au cours de l’année.
Cependant, les données isotopique bulk de l’azote présentent une limitation majeure : elles reflètent à la fois l’information trophique des prédateurs mais aussi les valeurs à la base des réseaux trophiques, dont les valeurs sont variables saisonnièrement et bien souvent difficiles à estimer. La superposition de ces deux signaux révèle les limites inhérentes à cette méthode, en particulier pour les prédateurs hautement mobiles. Pour lever les incertitudes quant à l’origine des variations des valeurs de δ15Nbulk, la mesure des valeurs de δ15N des acides aminés occupe une place de choix en permettant de distinguer la part des facteurs environnementaux de celle propre aux changements trophiques.

