Atlantine Boggio-Pasqua soutiendra sa thèse le mercredi 27 mai 2026 à 9h00 – Amphithéâtre Oceanomed

Atlantine Boggio-Pasqua (MIO) soutiendra sa thèse de doctorat le mercredi 27 mai 2026 à 9h00 à l’Amphitéâtre Oceanomed, MIO Institut Méditerranéen d’Océanologie, Bâtiment Méditerranée, 163 avenue de Luminy, 13288 Marseille cedex 09,  sur le sujet suivant : Biologie et écologie spatiale de la mante diable pygmée de l’Atlantique (Mobula hypostoma) : une approche intégrative multi-échelles pour sa conservation.

Suivre la soutenance en visioconférence : Lien Zoom

 

Résumé

La mante diable pygmée de l’Atlantique (Mobula hypostoma) est une espèce de raie planctivore menacée dont l’écologie, la biologie, ainsi que la structure et la taille des populations restent encore largement méconnues. Afin de soutenir une gestion efficace à travers l’ensemble de son aire de répartition atlantique, cette thèse propose la première évaluation intégrative de la taxonomie, de la distribution, de la structure des populations et de l’écologie spatiale de l’espèce.

Ces questions ont été abordées à différentes échelles en combinant des données morphologiques, des analyses génomiques, de la télémétrie acoustique et satellitaire, des approches d’écologie trophique, de la modélisation de distribution des espèces et des jeux de données d’observation à long terme. Les résultats indiquent que l’espèce occupe une large niche environnementale principalement associée aux eaux néritiques, exploitant une grande diversité d’habitats côtiers et du plateau continental structurés par des dynamiques de productivité variables. Dans le nord-est du golfe du Mexique, cette plasticité écologique se traduit par l’utilisation récurrente d’habitats côtiers peu profonds, où juvéniles et subadultes s’agrègent de manière saisonnière pour exploiter des essaims de mysidacés, en particulier Metamysidopsis swifti.

Les données de déplacement obtenues par télémétrie révèlent également une forte mobilité de l’espèce dans les environnements côtiers et du plateau continental, démontrant une connectivité régionale à l’échelle du nord du golfe du Mexique. Des variations ontogénétiques indiquent une augmentation de la mobilité horizontale et une moindre utilisation des habitats côtiers peu profonds avec la taille, suggérant un changement d’utilisation des habitats au cours du cycle de vie. À l’échelle des populations, les analyses génomiques mettent en évidence une forte différenciation génétique entre les populations de l’Atlantique Est et de l’Atlantique Ouest, justifiant la reconnaissance d’unités de gestion distinctes, tandis qu’aucune structuration claire n’a été détectée au sein de l’Atlantique Ouest.

Plusieurs approches complémentaires convergent pour identifier le golfe du Mexique comme une région clé pour l’espèce, abritant potentiellement la population la plus robuste actuellement connue.

Ces résultats constituent une base scientifique solide pour la conservation et la gestion de l’espèce. La désignation d’un néotype, la caractérisation morphologique détaillée et l’établissement d’une relation taille-poids facilitent l’identification de l’espèce et l’interprétation des données de pêche. Dans le golfe du Mexique, la zone d’agrégation alimentaire identifiée et décrite dans cette thèse, un couloir de migration et une zone de nurserie potentielle pourraient être prochainement reconnus comme Important Shark and Ray Areas (ISRAs). À l’inverse, la rareté des observations dans l’Atlantique Est, malgré des preuves de présence par le passé et un effort de suivi croissant, souligne la vulnérabilité de l’espèce face à la surexploitation et la nécessité de renforcer les efforts de recherche et de conservation dans cette région. Malgré les avancées réalisées, d’importantes incertitudes persistent concernant la fréquence et l’impact des interactions avec les pêcheries, ainsi que certains traits d’histoire de vie tels que la croissance, l’âge et la fécondité.

Dans l’ensemble, cette thèse montre comment l’intégration d’approches complémentaires, à différentes échelles, permet d’améliorer significativement la compréhension écologique d’espèces marines menacées peu documentées et d’informer les stratégies de conservation pour le maintien de leurs populations.

 

Mots clés

Mobula, biologie de la conservation, télémétrie acoustique, écologie trophique, écologie spatiale, génomique des populations

 

Composition du jury 

  • M. Frédéric MENARD, Directeur de recherche IRD – MIO, Directeur de thèse,
  • M. François LE LOC’H,  Directeur de recherche IRD – LEMAR,  Rapporteur,
  • M. Johann MOURIER, Chaire de professeur junior, Université de Montpellier,  Rapporteur,
  • Mme Frédérique VIARD, Directrice de recherche CNRS – ISEM,  Examinatrice,
  • Mme Lydie COUTURIER, Chargée de recherche France Energies Marines, Examinatrice,
  • Mme Valérie MICHOTEY, Professeur des universités Aix-Marseille Université, Examinatrice.
Partager sur :